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Tempête Klaus

Bilans des dégats et conséquences

Générant des vents de plus de 180 km/h, la tempête Klaus survenue dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009 a entraîné 12 décès en France et provoqué des dommages immenses principalement en forêt mais aussi sur les bâtiments, les équipements agricoles et les infrastructures électriques.

Ainsi, dix ans après Lothar et Martin, les dégâts en forêt consécutifs au cyclone sont considérables. Selon les données de l’IFN, le massif des Landes de Gascogne a été amputé de :

  • 203 000 hectares de pin maritime détruits à plus de 40%,
  • 41 millions m3 de bois au total dont 37 millions m3 de pin maritime (24% du volume sur pied avant tempête - environ 5 années de récolte en Aquitaine) qui s’ajoutent aux 24 millions m3 de pin maritime abattus en décembre 1999.

L'IFN a depuis fourni des analyses fines des dégâts : au total, près de 500.000 ha, 2/3 de la superficie où le pin maritime est l’essence principale ont été affectés par le passage de Klaus.

Le bilan global du passage successif de Martin (1999) et Klaus (2009) sur le massif des Landes de Gascogne est le suivant :

Volume sur pied :

  • Avant Martin : 139,7 Mm3
  • Après Martin (- 23,8) soit 115,9 Mm3
  • Après Klaus (- 36,7) soit 74,8 Mm3

Ainsi la ressource en pin maritime aura été divisée par 2 en l'espace de 10 ans.

Compte tenu du niveau des dégâts de la tempête Klaus, les retombées sur la filière forêt bois sont à la fois économiques et écologiques :

  • pertes de revenu affectant les sylviculteurs privés et publics (communes) et plus globalement, la déstabilisation durable de toute l’économie de la filière (33.000 emplois, plus de 20.000 sylviculteurs concernés)
  • risques accrus en matière d’incendie et d’attaques d’insectes, un paysage de désolation dans une région hautement touristique

    Au delà la question du niveau de la ressource en bois, la tempête Klaus a également remis en cause le bilan carbone de la forêt landaise entraînant une aggravation significative des émissions de gaz à effet de serre (une tonne de bois stocke environ 1 tonne de CO2). Les volumes abattus par la tempête sont considérés comme un transfert du carbone contenu dans la biomasse forestière dans un compartiment intermédiaire fragilisé : il ne croît plus et se dégrade avec le temps.

    Le plan interprofessionnel

    Le Plan d'Urgence Interprofessionnel, publié le 4 février 2009, repose sur le triptyque : indemnisation/stockage (10 millions de tonnes)/reboisement, ce sont des mesures qui visent à mobiliser les bois, les valoriser et conforter l'industrie.

    L'action de la Région

    Le dispositif régional a été adopté lors de la plénière du 23 mars 2009 sur la base d’une large concertation avec les partenaires concernés rendu possible notamment grâce au concours du Comité Interprofessionnel du Pin Maritime. Au final, les mesures régionales préconisées sont fondées :

    • d’une part, sur le renforcement ou l’adaptation d’un certain nombre d’outils et de moyens d’intervention régionaux déjà existants, notamment la bonification à travers le dispositif SODEF ou encore le soutien aux investissements et la formation des entrepreneurs de travaux forestiers,

    • d’autre part, sur la mise en œuvre de mécanismes de soutien nouveaux et notamment l’aide concernant le stockage des bois qui constitue la principale priorité.

    L’objectif premier de la Région est bien d’accompagner la reconstitution de l’amont de la filière en rétablissant au plus vite son potentiel de production : il s’agit de restaurer les capacités de création de valeur ajoutée et d’emplois ainsi que les fonctions environnementales (capture du C02 et préservation de la ressource en eau) de la première forêt cultivée d’Europe, fondement des paysages et de l’identité culturelle en Aquitaine.

    Au total, les mesures proposées pour la forêt mobilisent plus de 22 M€ de crédits régionaux sur 3 ans. En 2009, l’effort global de la Région en termes de crédits engagés se chiffre à plus de 9 M€.

    Une telle catastrophe impliquait qu’un effort conjoint et cohérent soit exercé par l’Europe, l’Etat et les collectivités territoriales.

    L'Etat a annoncé une enveloppe de l’ordre de 1milliard d'euros correspondant au cumul de subventions et de prêts bonifiés :

    - 600 M€ de prêts bonifiés (taux bonifié : 1.5 % - garantie fluctuante : 50 à 80 %),

    - 100 M€ pour la constitution d’aires de stockage et le transport (sous forme d’appel à projets),

    - 415 M€ d’aides sur 8 ans (150 000 ha* 2750 €) pour subventionner le nettoyage et le reboisement des parcelles.

    Draaf : http://draaf.aquitaine.agriculture.gouv.fr

    Dans le cadre du Fonds de Solidarité de l’Union Européenne (FSUE)

    La Commission a accordé une aide de 109,4 millions d’euros à la France. Sur cette enveloppe, 58 millions d’euros devraient être affectés au remboursement des dépenses liées aux mesures d’urgence parmi lesquelles figurent les opérations de nettoyage des parcelles sinistrées (52 millions d’euros).

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    Un an après, quelles perspectives

    En 2010, le Plan de Solidarité sera poursuivi par la mise en oeuvre de l’aide à la rupture de charge qui se traduira par une intervention de la Région à hauteur de 0.5 € par tonne stockée.
    Par ailleurs, l’ampleur de la tempête vous a conduit à commander auprès de l’INRA une étude prospective sur l’avenir du massif des Landes de Gascogne. Ce travail cherche à établir des scenarios concernant le devenir du territoire afin d’anticiper les enjeux à venir et d’envisager des leviers d’actions pour y répondre et contribue, in fine, à la préparation d’un futur schéma d’aménagement des Landes de Gascogne.

    Un an après Klaus, la reconstitution des peuplements dégradés constitue la priorité n° 1. L’arrêté préfectoral relatif à la reconstitution est programmé pour fin janvier – début février après consultation des acteurs de la filière.

    S’agissant des espèces, la pauvreté des sols des Landes de Gascogne en limite assez fortement le choix. Il existe peu d’essences présentant l’ensemble des qualités de plasticité et de frugalité du Pin maritime capable de pousser sur un sol pauvre, très sec ou très humide : Pin taeda (capable de mieux résister aux ouragans et adapté aux meilleures stations landaises), les feuillus (dans des proportions qui devraient rester modestes notamment sur les lisières et les ripisylves), l’Acacia (sur sols profonds et bien drainés) et l’Eucalyptus (en courte rotation à condition que le risque gel soit pris en compte).

    S’agissant du type de sylviculture, les pratiques actuelles garantissent à la fois la rentabilité de l’investissement (la fertilisation permet de doubler la productivité des peuplements) et la bonne santé des arbres (moins sensibles aux agressions). Il parait donc difficile de remettre en cause ces pratiques mais il convient de les raisonner afin de "produire plus et mieux dans un espace de plus en plus convoité".

    Parallèlement à la reconstitution de la ressource indispensable au maintien des emplois de la filière, d’autres enjeux devront être relevés et notamment :

    • La mise en place d’un véritable système d’assurance (dont une partie pourrait bénéficier d’un soutien de l’Etat) est souhaitable afin d’éviter la démobilisation des sylviculteurs, confrontés à la succession de perte des récoltes, dans un contexte légal de culture obligatoire, mais sans régime d’indemnisation prévu. La discussion est actuellement en cours dans le cadre de la prochaine loi de modernisation agricole.

    La tempête Klaus a remis en cause le bilan carbone de la forêt landaise. Selon le CRPF, 37,1 millions de m3 de pin maritime renversés par la tempête correspondent à 41,87 millions de tonnes de CO2 (soit 1,3 fois les émissions annuelles totales de la Région : 32,51 millions de tonnes de CO2 en 2005). Les volumes abattus par la tempête sont considérés comme un transfert du carbone contenu dans la biomasse forestière dans un compartiment intermédiaire fragilisé : il ne croît plus et il se dégrade avec le temps. Globalement, plus les bois sinistrés sont récoltés, plus le bilan carbone sera amélioré. Le devenu des parcelles sinistrées constitue la deuxième composante du bilan carbone : dans l’hypothèse d’un reboisement, le stockage du carbone est à nouveau assuré via la croissance des jeunes peuplements forestiers. Votre annonce de créer un fonds de compensation carbone s’inscrit dans cette logique.

    S’agissant de la recherche et du développement, par exemple dans le domaine de la génétique du Pin maritime; des travaux sont vraisemblablement à impulser afin d’intégrer des critères nouveaux tels que la qualité de l’enracinement et la résistance au vent. La Région Aquitaine dispose pour se faire des compétences réunies notamment au sein du pôle de compétitivité Xylofutur qui constitue un atout indéniable pour l’avenir de la filière. L’innovation en matière d’adaptation de la production à l’évolution des marchés (ex : bois construction) et la recherche de nouveaux débouchés (chimie verte) doit être plus que jamais encouragée. Plus globalement, l’objectif est bien d’aider à préparer l’avenir en participant à la recherche des solutions qui assurent une meilleure prise en causes des risques et aléas climatiques dans un souci de développement durable.

    L’aptitude des acteurs de la filière à établir des relations de coopération durables conditionne pour une grande part sa capacité à être plus compétitive. La Région, pour sa part, a cherché à privilégier les approches concertées et partenariales à travers l’interprofession ou encore le pôle de compétitivité Xylofutur. La structuration de l’interprofession et la reconnaissance par l’Etat du Comité Interprofessionnel du Pin Maritime en tant qu’interprofession spécifique constituent un enjeu important pour la gouvernance de la filière forêt bois.

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    La filière Forêt-bois-papier en Aquitaine et une filière majeure en constante évolution. Plusieurs dispositifs sont mis en place : conforter et protéger la ressource, accompagner les entreprises de travaux forestiers (ETF) et les entreprises de transformation du bois, investir dans l’avenir encourageant la formation et l’innovation.

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